Depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024, on assiste à une accélération brutale de la droitisation du débat public et de ses principaux espaces de diffusion. Face à ce glissement idéologique, une question se pose : les médias jouent-ils encore leur rôle de quatrième pouvoir ?
Catégorie : Médias
Pour une épistémologie du journalisme
Par épistémologie du journalisme, nous entendons l’étude systématique de la nature, des méthodes et de la validité du savoir produit par le journalisme, à l’image de ce que la philosophie des sciences fait pour la connaissance scientifique.
Contrairement aux idéaux universalistes qui voyaient dans l’avènement de l’ère internet la possibilité d’une évolution positive permettant plus de pluralité et de représentativité dans la configuration de l’espace public, le début du XXIe siècle marquerait-il paradoxalement le renforcement d’une double mainmise économique sur ce dernier ?
Alors que 1,7 milliard de personnes à travers le monde sont contraintes de rester chez elles pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus, les statistiques d’utilisation des médias sociaux explosent. Facebook n’y fait pas défaut.
Immédiateté, circularité circulaire de l’information, emballement médiatique, multiplication des sources, des intermédiaires, standardisation et paupérisation des contenus, formats courts, diktat du direct… autant de facteurs qui conduisent à une perte de sens et à une mauvaise compréhension de l’information dont la principale fonction semble être moins celle de permettre de comprendre le monde que celle de se tenir aux aguets des risques du monde. Et si l’information aujourd’hui créait moins le sens qu’elle ne le brouillait ?