Le patriarcat n’est pas une simple survivance du passé. C’est un ensemble de structures qui s’adapte et se réinvente, souvent avec la participation active de celles qu’il désavantage.
Auteur : Georgiana Pricop
Politiste, experte en communication et humanités numériques
De mot d’ordre progressiste à arme politique, le « wokisme » est devenu en France et ailleurs un repoussoir stratégique. Derrière la dénonciation de la cancel culture s’installe une autre censure, où la critique sociale se transforme en revanche réactionnaire.
Le choc invisible des cultures
« Tu viens d’où ? » Cette question, posée avec légèreté, révèle parfois davantage qu’elle ne demande. En tant que Roumaine vivant à Paris, les réponses que j’y reçois – silences embarrassés, chansons populaires ressassées, stéréotypes déplacés – tracent les contours d’un phénomène que l’on aborde encore trop peu dans l’espace public : la domination culturelle à l’échelle mondiale.
Depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024, on assiste à une accélération brutale de la droitisation du débat public et de ses principaux espaces de diffusion. Face à ce glissement idéologique, une question se pose : les médias jouent-ils encore leur rôle de quatrième pouvoir ?
Le clivage croissant entre femmes progressistes et hommes conservateurs ne relève ni de l’accident ni de la conjoncture. Il est le fruit d’une socialisation différenciée, d’orientations éducatives distinctes et d’une expérience inégalement distribuée de la domination.
Le recentrage de la critique sur les comportements individuels n’est-il pas le symptôme d’une dépolitisation des enjeux écologiques et sociaux ? En insistant sur la micro-responsabilité du consommateur, ne risquons-nous pas de détourner notre attention des logiques systémiques qui structurent les crises actuelles ?
Et si nous pouvions dire non, vraiment non ? Alors que la pétition contre la loi Duplomb a dépassé le million de signatures, un chiffre inédit sous la Ve République, une question revient avec force dans le débat public : pourquoi les citoyens n’ont-ils pas le dernier mot ?
Parce qu’on ne pense jamais seul·e, Citoyenne éclairée devient un média d’opinion collectif où des femmes croisent leurs points de vue pour éclairer les grands enjeux de notre siècle, aiguiser l’esprit critique et inviter chacun·e à prendre part au débat public.
L’intelligence artificielle est autant une promesse qu’un miroir : elle reflète les tensions profondes de notre époque, entre espoir d’un futur maîtrisé et conscience d’un monde aux limites désormais atteintes.
Google est-il sexiste ?
Just go and google it! Rien de plus naturel dans notre quotidien à tous… Les chiffres le prouvent puisqu’avec ses 92,5 milliards de visites mensuelles, le moteur de recherche est, de loin, le site le plus visité au monde. Sa mission ? « Organiser les informations à l’échelle mondiale pour les rendre accessibles et utiles à tous »[1]. Mais selon quelles logiques ? L’algorithme de Google est-il infaillible ? Et si les « réponses » de Google à nos requêtes comportaient un biais sexiste ? C’est en tout cas l’hypothèse que nous allons tester dans ce papier.